Le saviez-vous ?
Les seigneurs des Baux
Selon la légende, la maison des Baux descend du roi mage Balthazar. C’est pourquoi les armes des seigneurs des Baux comprennent une comète à seize rais d'argent, l'étoile que suivirent les rois mages, et la devise A l'asard Bautezar, c’est-à-dire au hasard Balthazar.
Les activités dans la basse-cour d'un château médiéval
Au Moyen Âge, les seigneurs ne vivent pas seuls dans leur château. En dehors des gardes et des serviteurs qui vivent dans l’habitation seigneuriale ou dans des bâtiments attenants, il y a une foule d’artisans et de paysans qui habitent et travaillent dans la seconde cour du château. Leurs maisons, parfois des cabanes, qui se pressent les unes contre les autres, forment un vrai village à l’abri des murs du château. Il y avait dans cette cour une activité importante et, vraisemblablement, une forge.
Les paysans qui cultivent les potagers, les champs et les vignes du châtelain, sont logés ici. De même sans doute le berger et son troupeau (porcs, moutons, chèvres). Il y a sûrement aussi les écuries pour les chevaux du seigneur, les ânes et les mulets qui remontent de lourdes charges de la vallée.
L'inventaire d'Alix des Baux
A la suite de la mort d’Alix des Baux, un inventaire du Château est réalisé le 14 octobre 1426. Ce rare document permet de se faire une bonne idée du mobilier du Château et de la vie qui s'y déroulait.
« La grande chambre de la tour », où mourut Alix, est pourvue d’un mobilier assez riche (de l'argenterie rangée dans un buffet et dans un vieux coffre ferré, joyaux, papiers de famille, literie, deux tables à tréteaux, deux chaises et deux bancs, tapisseries sur les murs représentant diverses histoires).
La salle commune est meublée d’un vieux buffet, de quatre grandes tables, et de deux tréteaux. La comtesse des Baux, veuve depuis longtemps, ne menait donc pas grand train. La cuisine renferme des broches, des chaudrons et un grand nombre d'écuelles d'étain.
L’inventaire décrit également des tapis, des tapisseries ainsi que des armes.
Dans la secrétairerie, une grande caisse de sapin protège les robes et les fourrures de la comtesse. Dans des coffres, quelques papiers d'affaires et aussi des livres : des livres liturgiques, notamment un psautier provenant du duc de Berry et vingt romans.
Dans la chambre où mourut Alix furent retrouvés le livre de Sidrac et deux romans : Lancelot et Tristan. Il y avait donc là une bibliothèque assez fournie pour une époque où les livres étaient encore manuscrits, rares et très coûteux.
De quoi se nourrissait-on ?
Les repas se composent surtout de soupes de légumes où l’on trempe le pain, de bouillies ou de galettes de céréales, parfois de fromage de chèvre ou de brebis, d’œufs, de poisson frais ou encore séché et salé. La viande et les volailles sont un luxe réservé aux jours de fête.
Au Château, les repas se prennent sur une planche que l’on pose sur des tréteaux. On la recouvre d’un tissu et, après le repas, elle est démontée. On mange dans des écuelles et on se sert d’un couteau et d’un gobelet. La fourchette n’existe pas encore.
Les jours des fêtes, le repas commence souvent par des fruits ou des salades. Puis viennent les viandes, accompagnées de sauces, puis l’entremets, pause au cours de laquelle peut avoir lieu un divertissement suivi de la « desserte » correspondant à notre dessert. Mais ce n’est pas fini : il y a encore « l’issue de table » qui comprend des fromages, des fruits confits et des gâteaux légers. On boit du vin pur ou mélangé à du miel ou infusé au thym. Enfin le « boute-hors », des dragées ou du gingembre confit par exemple, facilite la digestion.
Les épices, comme les produits importés (asperges, dattes, pistaches, abricots, échalotes) sont le fait des grandes tables. Les herbes, la moutarde, les oignons et l’ail, utilisés avec les épices, servent à faire les sauces. Ils sont longuement pilés dans un mortier à l’aide d’un pilon, le « piston », qui donnera son nom à une préparation célèbre : le pistou.
Le plan Dalle
L’alimentation en eau a toujours été cruciale sur l’éperon des Baux. En effet, le rocher ne possède ni source, ni puits. Seul le vallon de la Fontaine pouvait fournir l’eau nécessaire et il fallait péniblement la remonter à dos d’âne, dans le meilleur des cas !
La récupération des eaux de ruissellement abondantes mais éphémères dans cette région de la Provence s’est imposée, dès le Moyen Âge, comme le procédé le plus évident pour s’approvisionner en eau. À certains endroits du site, on peut observer que la roche est griffée de rainures, véritables gouttières permettant de recueillir l’eau de pluie. Des rigoles ont également été aménagées au centre des ruelles pour conduire l’eau dans les citernes. Au XIXe siècle, le plan Dalle a été construit. Ce plan en pente douce, appelé impluvium, est constitué de grandes dalles plates. L’eau de pluie recueillie se déversait dans une grande citerne, construite dans le village, sur la place de l’église St Vincent.
Naturellement, ce système n’est plus utilisé aujourd’hui. De nos jours, le village est approvisionné en eau par une énorme citerne souterraine aménagée au pied des remparts du château.


